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Séance du 02/12/2009 à 15h00

    Forêts et Tempêtes

Animateur : Jean-Luc PEYRON, Directeur ECOFOR
Introduction : Jean-Luc Peyron    PDF Lire l'introduction

Si les tempêtes ont de tous temps laissé des traces en forêt et ont, pour cela, constitué une préoccupation des forestiers, une analyse approfondie des conséquences de tels phénomènes n’a véritablement commencé que depuis quelques décennies. La tempête de 1972 qui a frappé l’Allemagne en a donné l’occasion comme en France, dans le Massif central, celle de 1982. Ce dernier épisode a notamment suscité un numéro spécial de la Revue forestière française dont la parution est intervenue quelques jours avant la tempête, surtout bretonne, un peu normande, de 1987. La tempête de 1990 a sévèrement touché l’Allemagne, suscité aussi de nombreuses réflexions et provoqué de profonds changements sylvicoles. Elle a également touché le Nord Est de la France où, cependant, elle n’a pas constitué le même électrochoc que chez nos voisins. En revanche, les tempêtes de 1999 ont déclenché une mobilisation professionnelle sans précédent et, en même temps, une soif de connaissances sur la sensibilité et la vulnérabilité des forêts au vent, d’une part, sur la stratégie et les modalités de reconstitution, d’autre part. Une expertise scientifique a été conduite à l’initiative de l’Inra et du Cemagref, en concertation avec le ministère chargé de l’agriculture ainsi qu’avec les responsables des forêts publiques et privées. A la suite de ces réflexions, des programmes de recherche ont été mis en place, qui ont donné lieu à un colloque en 2005 et à un ouvrage paru en 2009 aux éditions Quae, juste après le passage de la tempête Klaus qui a principalement sévi sur le massif forestier landais en janvier 2009 en renversant environ 30% du volume sur pied. Ces phénomènes, nous l’avons vu, touchent aussi nos voisins dont les réflexions et les analyses ont également été intenses. Les conclusions qui en en été tirées méritent d’être également prises en compte, même si elles s’appliquent à des situations pouvant différer de ceux que nous connaissons en France. Dans ce contexte, on pourrait se demander d’abord si les tempêtes seront demain plus fréquentes ou violentes qu’aujourd’hui. Selon toute vraisemblance, la question fait débat. Les historiens traquent les traces de tempêtes anciennes et en trouvent qui ressemblent beaucoup à celles que nous avons connu depuis les années quatre-vingt. Mais malgré l’existence de séries chronologiques de plusieurs décennies, les climatologues se sentent démunis pour étudier des phénomènes dont la durée de retour est du même ordre de grandeur que cette profondeur statistique. Le même problème de données se pose pour bâtir des modèles représentant de manière significative les événements extrêmes et les théories physiques donnent, pour nos contrées, des résultats contradictoires sur les conséquences possibles d’un réchauffement de la planète. Quoi qu’il en soit, ces tempêtes s’abattent sur des peuplements qui, quant à eux, ont considérablement évolué au cours du temps. Les forêts du 18ème siècle couvraient en France une surface peu différente de la moitié des forêts actuelles et étaient constituées essentiellement de taillis. Elles étaient exploitées à un niveau très élevé, pour ne pas dire surexploitées. Elles portaient des arbres beaucoup moins hauts et un volume bien moindre. Les régions ventées de l’Ouest de la France avaient un taux de boisement qui ne dépassait pas 10% à l’exception des départements des Landes et des Pyrénées atlantiques où ce taux n’atteignait de toute façon pas 20%. Les essences étaient en très grande majorité à feuilles caduques et présentaient donc une sensibilité moindre aux vents d’hiver. Que les tempêtes aient cru ou non en fréquence et en intensité, elles causent donc aujourd’hui des dégâts grandissants et pourraient bien continuer à le faire demain. Ce constat rapide et grossier ne signifie pas que ces dégâts soient inéluctables. Il en montre au contraire la dépendance à la sylviculture. Celle-ci a le devoir de réduire la vulnérabilité des forêts au risque tout en préservant une importante fonction de production de bois d’œuvre, de fibres et d’énergie comme d’autres fonctions non moins importantes de protection des eaux, des sols, de la biodiversité, des paysages ainsi que d’accueil de diverses catégories d’usagers.

Yves Brunet
Directeur de recherche, INRA Bordeaux
Écoulement du vent et structure du paysage
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Jean-François Dhôte (1), Guy Landmann (2) et Philippe Riou-Nivert (3)
(1) ONF, (2) ECOFOR, (3) CNPPF-IDF
Adaptation de la gestion forestière aux tempêtes.
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Jean-Philippe Schütz
Membre étranger de l’Académie d’Agriculture, Professeur émérite, École Polytechnique Fédérale de Zurich, Suisse
Vulnérabilité au vent et gestion des forêts suisses
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Sophie Monnet (1), Jean-Michel Carnus (2) et Jean-Luc Peyron
(1) ECOFOR, (2) INRA
Réflexions sur l'avenir du massif forestier landais après les récentes tempêtes : une expertise collective en cours
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Conclusion : Jean-Luc Peyron