Sections et comités
Sections
Les académiciens sont répartis entre dix sections qui se réunissent régulièrement.
1. Cultures, systèmes de production et produits végétaux
2. Bois et forêts
3. Élevages, systèmes de production et produits animaux
4. Sciences de l'homme et de la société
5. Physique et chimie des milieux et des êtres vivants
6. Sciences de la vie
7. Ressources naturelles, aménagement de l'espace et environnement
8. Filières alimentaires
9. Industries des agrofournitures et des produits autres qu'alimentaires
10. Économie et politique agricoles et rurales
Présentation de la section 1
Cultures, systèmes de production et produits végétaux
Les travaux de la section concernent les bases scientifiques des techniques agronomiques et les études socio-économiques des productions végétales. Au sein de chaque filière tous les aspects de l'itinéraire technique sont concernés : semences, techniques culturales, maladies et parasites, qualités technologiques des produits de récolte et contraintes environnementales.
Les innovations scientifiques faisant l'objet d'expertise concernent : les apports des biotechnologiques à la génétique et à l'amélioration des plantes, les travaux liés à la transgenèse, l'analyse des innovations dans des filières très variées telles que la betterave sucrière, les agrumes, le colza, la multiplication des semences.
Grâce à la diversité des compétences des membres et correspondants, des collaborations avec d'autres sections permettent la présentation de séances conjointes dans divers domaines comme la meunerie ou la viticulture mondiale.
Présentation de la section 2
Bois et forêts
La section 2 suit régulièrement les travaux du Conseil général du GREF relatifs à la forêt et à l'environnement, notamment lorsqu'ils résultent d'une saisine du Ministre de l'Agriculture.
Des réflexions sont menées sur la perception des questions forestières par l'opinion publique, alors que la production de bois reste la principale, sinon la seule, source de financement de la forêt. Cela amène à débattre de l'écocertification et de l'évolution du commerce du bois.
Parmi les sujets scientifiques et techniques étudiés, on citera :
- le rôle de la forêt et des sols forestiers dans l'économie du dioxyde de carbone,
- les rapports entre la forêt et l'eau,
- le rôle de l'ingénierie génétique appliquée aux arbres,
- les techniques de reconstitution des forêts sinistrées.
Présentation de la section 3
Élevages, systèmes de production et produits animaux
La section 3 est concernée par tous les aspects de la production animale : animaux de rente et qualité de leurs produits, animaux de loisir et de compagnie. Elle se base sur les données passées et présentes pour tenter d’établir des prospectives à moyen terme et, si possible, à plus long terme afin, éventuellement, d’en transmettre l’essentiel aux Pouvoirs Publics sous forme de recommandations..
En premier lieu, la section s’intéresse à l’amélioration qualitative et quantitative des capacités de production spécialisée au moyen des techniques génétiques et de physiologie de la reproduction, à l’optimisation des conditions d’élevage en regard de l évolution des besoins des animaux au plan de leur nutrition, de leur milieu, de leur santé et de leur bien-être, aux conséquences de la présence des diverses populations animales sur l’environnement de l’homme selon leur densité et leur conditionnement et réciproquement à l’influence des activités humaines sur la biodiversité du monde animal, qu’il soit domestiqué ou sauvage. En second lieu, elle s’intéresse aux divers moyens d’améliorer la qualité des produits alimentaires offerts à l’homme, afin notamment de les adapter aux recommandations diététiques et hygièniques modernes, et se préoccupe par ailleurs des autres bénéfices tirés de l’exploitation animale : textile, sport, traction, chasse…
Pour répondre à ces objectifs, elle s’est saisie de divers problèmes actuels créés par la profonde transformation des structures agricoles et des connaissances scientifiques au cours des dernières décennies.
- Dans le cadre de la qualité des produits, on peut citer le problème des relations entre productivité et qualité, question redondante liée à l’intensification de l’élevage le problème de la salubrité de la chaîne alimentaire, potentiellement altérée par la présence de contaminants biologiques et chimiques les caractéristiques des produits de l’élevage biologique la traçabilité nécessaire de tous les produits agricoles, ses contraintes et ses limites l’avenir des pêches et de l’aquaculture, question cruciale dans un monde avide de protéines.
- Dans le cadre de l’élevage, on peut citer l’analyse de l’état des lieux concernant les diverses productions et filières animales, et leur évolution prévisible dans les prochaines années l’épineux problème de la réutilisation des farines de viandes et d’os en alimentation animale l’impact des biotechnologies sur les diverses étapes de l’élevage, et leur potentiel d’ouverture vers la santé humaine
- Enfin, d’une façon plus générale, la formation des futurs conseillers du monde rural au sein de l’enseignement agronomique et vétérinaire, au niveau scientifique aussi bien que technique, et son adaptation aux nouvelles exigences de la production agricole retient toute l’attention de la section afin de définir les mutations à recommander.
Présentation de la section 4
Sciences de l'homme et de la société
Les complémentarités et les tensions entre l’individuel et le collectif sont toujours présentes en agriculture, et dans le milieu rural, à travers une histoire, une géographie et un environnement qui dépendent autant du contexte économique et social que des conditions naturelles. Comprendre les évolutions correspondantes pour se doter des moyens de les influencer est l’objet des sciences sociales appliquées à ces objets. C’est la raison d’être de la section « sciences de l’homme et de la société ».
Les membres de cette section se préoccupent donc des mouvements à long terme qui affectent la façon dont les hommes gèrent l’espace, l’alimentation, et les milieux naturels, en France, en Europe et dans le monde. Ils s’attachent à distinguer entre ce qui tient à la nécessité, que l’on doit subir, et ce qui relève du hasard, sur quoi on peut agir. Leur contribution se situe donc « en amont » de celle de la section 10 sur les politiques agricoles, même si, bien sûr, les liens avec cette dernière restent privilégiés. Plus généralement, l’analyse des relations de toute sorte entre le progrès technique et l’organisation de la société les amène à participer aux travaux de toutes les autres sections de l’Académie.
La section a récemment organisé un colloque sur le thème « agriculture, société et organisation administrative » (http://www.inra.fr/Internet/Hebergement/AAF/ojr/Senat.htm) qui s’est tenu au Palais du Luxembourg en janvier 2002. Elle a aussi organisé une séance extraordinaire sur la façon de « réconcilier la Science avec la Société » (http://www.euracadagri.org/Programme.htm) à l’occasion de la tenue à Paris de l’assemblée générale de l’Union des Académies d’Agricultures Européennes (http://www.euracadagri.org/), en octobre 2002.
Présentation de la section 5
Physique et chimie des milieux et des êtres vivants
La section V est une section « amont », concernée par tous les aspects physiques et chimiques de l’écosystème agronomique, et donc intéressée par la plupart des thèmes traités dans les autres sections, à l’exception des problèmes de socioéconomique ou de société. Sa principale mission est d’apporter aux autres sections, spontanément ou à leur demande, un appui scientifique sur des aspects fondamentaux touchant les mécanismes, les interactions, les transferts et bilans d’énergie ou de matière, la méthodologie de mesure ou de modélisation.
Le champ couvert est très vaste puisqu’il va de la géosphère (roche et sol) et de l’hydrosphère à l’atmosphère, en passant par toutes les composantes de la biosphère (micro-organismes, plantes, animaux, Homme). Il concerne aussi toutes les interactions sol-plante et plante-animal-environnement, par la prise en compte des « restitutions » au sol et à l’eau des substances minérales ou organiques, utiles ou indésirables, provenant des cultures, de l’élevage et des activités humaines.
La diversité des compétences de ses membres et correspondants permet d’assurer un bon niveau d’expertise dans des domaines aussi variés que les caractéristiques physico-chimiques et microbiologiques des sols, la nutrition minérale des plantes, des animaux et de l’Homme, la pollution des sols, de l’eau et de la chaîne alimentaire par des contaminants organiques ou minéraux, les cycles bio-géochimiques (notamment pour l’azote, le phosphore et le potassium), les interactions cultures-environnement (lumière, gaz) comprenant les bilans d’énergie et les conséquences sur le climat (séquestration du carbone, effet de serre…).
La section ne peut prétendre tout traiter et se tient donc à l’écoute des autres sections et de la demande conjoncturelle émanant de la société, pour fournir, arguments scientifiques à l’appui, son avis sur les problèmes soulevés.
Présentation de la section 6
Sciences de la vie
Le fil directeur est la compréhension des processus biologiques qui font l’unité et la diversité du vivant. Cette section représente principalement les disciplines de biochimie, physiologie, génétique, pathologie et entomologie. Toutes ces disciplines se sont développées très activement ces dernières décennies en s’ouvrant aux extraordinaires avancées de la biologie cellulaire et moléculaire.
Plus récemment, l’éclosion des nouvelles technologies de génomique (analyse massive des génomes, génomique fonctionnelle), a permis d’envisager la compréhension des systèmes biologiques non plus isolés mais intégrés, aussi bien dans l’espace (molécule, cellule, organes, organismes et populations) que dans le temps (développement, sénescence, mort). Ces nouvelles approches rendent possible également le décryptage des mécanismes moléculaires impliqués dans les processus de communication et de reconnaissance entre cellules (signalétique cellulaire) et individus (étude des populations). La compréhension de ces mécanismes est capitale pour la maîtrise des systèmes vivants à la base de l’agriculture et des transformations de ses produits.
En conséquence, cette révolution technologique et l’évolution parallèle de la Société amènent la Section 6 à prévoir un renouvellement rapide des méthodes et des questionnements spécifiques aux domaines biologiques et agronomiques. Cette Section qui a pour ambition de mener sur le plan des connaissances et des techniques des réflexions prospectives ciblées, entretient des interfaces solides et riches avec toutes les autres Sections de la Compagnie. Elle met sa transversalité dans le domaine des Sciences de la Vie au service de la diffusion des connaissances, enrichissant ainsi la réflexion sur l’impact dans la Société des récents progrès en biologie et de leur valorisation en Agriculture.
La Section 6, par son action spécifique, souhaite concilier connaissance et Société et tenir ainsi sa place dans les champs de réflexion et d’action de l’Académie d’Agriculture.
Présentation de la section 7
Ressources naturelles, aménagement de l'espace et environnement
La section réfléchit essentiellement aux interactions entre : les ressources naturelles, l’aménagement de l’espace et l’environnement (renvoyé à la note académique). Son objectif est de concevoir une gestion de l’espace qui prenne en compte les besoins et les aspirations de la société. Les travaux de la section se sont appuyés, dès sa création en 1995, sur le triptyque : l’homme, la nature, les techniques, la gestion de l’espace étant considérée dans ses dimensions écologiques, techniques, économiques, sociologiques, juridiques, éthiques.
La section aborde aujourd’hui les relations existant entre trois pôles :
►l’Anthroposphère (les populations, la démographie, et les représentations, les organisations et la demande sociale…),
► la Biosphère (l’environnement physique eau, sol, climat, les ressources naturelles, les cycles biogéochimiques, les écosystèmes…)
► et la Technosphère (les pratiques agricoles, les aménagements, systèmes de production, systèmes de gestion et d’organisation du milieu…).
L’étude des relations entre ces trois pôles vise à répondre à des questions posées à l’agriculture en termes d’aménagement de l’espace, d’amélioration de l’environnement, et plus largement de développement durable.
La Section cherche à identifier et à formuler les questions à aborder, à prendre en compte les connaissances disponibles et à faire émerger des domaines nouveaux. Pour cela elle développe ses travaux pluridisciplinaires avec les différentes sections de l’académie.
Présentation de la section 8
Filières alimentaires
Les activités de la section 8 portent sur deux thèmes.
1 - La prise en compte et les réponses des industries agricoles et alimentaires aux attentes, exprimées ou non, par les consommateurs. Le sujet, vaste, va de la conception des produits, de leur composition (par exemple : leur teneur en sel) jusqu’aux procédés de traitement et de conservation des matières premières ou des aliments (par exemple : modes de cuisson, de stérilisation…) pour s’adapter aux nouvelles donnes.
2 - Les crises liées à la présence réelle ou supposée de germes pathogènes ou de contaminants divers dans les aliments. La section s’étonne du poids de la médiatisation par rapport à la réalité des faits et s’inquiète des coups trop souvent injustifiés que prennent les entreprises (un certain nombre d’entre elles en meurent).
Présentation de la section 9
Industries des agrofournitures et des produits autres qu'alimentaires
La section regroupe des professionnels issus :
1 - de l’agroéquipement : toute la gamme des machines agricoles,
2 - de l’agrofourniture au sens le plus large : semences, engrais, produits phytosanitaires, produits pétroliers, presse,
3 - des filières de valorisation non alimentaires des produits agricoles notamment textiles et biocarburants,
4 - des organismes administratifs professionnels et de recherche liés à la mise en œuvre de ces activités.
Les réflexions de la section sont centrées sur la connaissance de l’évolution passée et à venir. Elles concernent l’utilisation des produits de l’agrofourniture et de l’agroéquipement la pratique de leur bonne utilisation dans le cadre de systèmes de production raisonnés, économiquement rentables, respectueux de l’environnement et pour une agriculture durable. Elles portent aussi sur l’utilisation non-alimentaire de tous les produits agricoles.
Présentation de la section 10
Économie et politique agricoles et rurales
L’environnement économique des exploitations et la politique agricole conditionnent les décisions que prennent quotidiennement les agriculteurs et ont un impact décisif sur les résultats d’exploitations dégagés. Pour bien appréhender cette activité agricole, il convient également de l’intégrer dans l’ensemble du milieu rural. Au cours de ces dernières années, la section a traité des sujets suivants.
1 - La politique agricole et les marchés : La Politique Agricole Commune et son évolution y tiennent évidemment une place de choix. Mais les politiques de l’installation ou de la montagne ont également fait l’objet de séances spécialisées.
2 - L’évolution des structures des exploitations agricoles et l’occupation du territoire, y compris à l’occasion d’approches prospectives.
3 - Les systèmes de production en agriculture, par exemple à l’occasion d’une étude sur la multifonctionnalité en agriculture.
4 - L’examen de l’environnement de l’exploitation a permis d’évoquer les différents systèmes de protection contre les aléas climatiques et économiques ou encore le financement bancaire de l’agriculture.
5 - Enfin les agricultures étrangères n’ont pas été oubliées avec une comparaison des coûts de production pour les grandes cultures en France, en Europe et aux Etats Unis. De même, l’agriculture russe a fait l’objet d’une séance spécialisée.
Répartition des sièges
L'Académie rassemble aujourd'hui des membres titulaires (120), des membres étrangers (60), des correspondants nationaux (180) et des correspondants étrangers (60). Ils sont répartis en dix sections.
Les membres étrangers choisissent leur section ; les autres membres et correspondants sont répartis de la façon suivante :
| Sections | Membres | Correspondants | |
| français | étrangers | ||
| 1- Cultures, systèmes de production et produits végétaux | 15 | 23 | 12 |
| 2 - Bois et forêts | 10 | 18 | 7 |
| 3 - Élevages, systèmes de production et produits animaux | 14 | 25 | 8 |
| 4 - Sciences de l'homme et de la société | 12 | 15 | 4 |
| 5 - Physique et chimie des milieux et des êtres vivants | 10 | 15 | 5 |
| 6 - Sciences de la vie | 10 | 15 | 4 |
| 7 - Ressources naturelles, aménagement de l'espace et environnement | 12 | 21 | 5 |
| 8 - Filières alimentaires | 14 | 21 | 6 |
| 9 - Industries des agrofournitures et des produits autres qu'alimentaires | 10 | 11 | 3 |
| 10 - Économie et politique agricoles et rurales | 13 | 16 | 6 |
| Total | 120 | 180 | 60 |
Groupes et Comités
Groupe eau
Des groupes de travail interdisciplinaires, comprenant également des personnalités qui n'appartiennent pas à l'Académie, facilitent les liaisons entre les sections ainsi que les coopérations extérieures indispensables (Groupe Eau, Groupe histoire, etc.).
Créé en 1993 avec un objectif transdisciplinaire pour aborder les problèmes de l’eau dans une vision synthétique, le groupe Eau réunit des membres de plusieurs sections de l’Académie. Il a organisé en 10 ans de nombreuses séances et colloques portant sur la gestion de l’eau dans l’espace rural, en relation avec l’agriculture, les industries agroalimentaires et les autres usagers, sur le rôle de l’eau dans le fonctionnement des écosystèmes (sols, vie aquatique…), ainsi que sur les aspects économiques et la politique environnementale.
Les travaux actuels du groupe concernent en particulier :
► l’influence des retenues de barrages sur la dynamique des sédiments de rivières,
► les rôles respectifs des milieux ruraux et urbains en matière de production et de devenir des polluants véhiculés par les eaux,
► l’élaboration d’un guide stratégique donnant les bonnes orientations à suivre pour une gestion intégrée des eaux et des territoires ruraux (avec l’Académie de l’eau).
Deux grandes réflexions ont été lancées récemment :
► l’une porte sur les inondations, leur historique et leur nature, les incidences des travaux d’aménagement, les aspects économiques et le rôle des assurances, l’information et la participation des populations,
► l’autre porte sur les irrigations dans le cadre du développement durable (importance croissante, ressources en eau limitées et gaspillages, justification économique…)
Le responsable du groupe est Christian LÉVÊQUE
Le Comité d'Histoire de l'Agriculture
Les Comités d'histoire ont été mis en place dans les différents ministères, grandes entreprises et institutions à la demande du Gouvernement. Celui concernant l'histoire de l'Agriculture a été installé en 1996 par le Ministre de l'Agriculture Louis LE PENSEC. Le Ministre en assure la Présidence, le Vice-Président étant le Président de l'Académie d'Agriculture de France. Le Président de la Compagnie, le Secrétaire perpétuel et le Trésorier perpétuel en sont membres de droit.
Les activités de ce Comité sont en fait relayées par les travaux effectués dans le cadre de l'Association pour l'Étude de l'Histoire de l'Agriculture créée en 1994 et dont le siège est à l'Académie d'Agriculture. Celle-ci est représentée au Conseil d'administration de l'Association par plusieurs de ses membres, notamment par le Trésorier perpétuel qui est de droit Trésorier de l'Association. Le Président actuel est Monsieur René GROUSSARD.