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Des Sols forestiers durables pour une gestion forestière durable

03/12/2014 à 15h00
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Séance dédiée à Maurice Bonneau. Jusqu’au début des années 80, la gestion forestière était fondée sur quelques postulats, tels que l’invariance des facteurs du milieu, autour de fluctuations plus ou moins importantes. Ainsi à un sol donné, développé sur une roche-mère donnée, et dans un contexte microclimatique donné, étaient associés des cortèges floristiques. Sur cette base, est né le concept de « station forestière » sur lequel se sont fondés les principes de sylviculture (au sens conduite des peuplements) et d’aménagement (au sens : choix d’une stratégie de gestion et planification de sa mise en œuvre). La théorie, appuyée sur des observations, précisait également que la productivité des peuplements était liée à la hauteur des plus gros arbres à l’hectare (hauteur dominante,) atteinte à un âge de référence donné, et dépendait peu de la densité du peuplement. Ainsi la valeur de la hauteur dominante à un âge de référence (site index des anglo-saxons) reflétait la « fertilité » de la station ; la productivité des stations se rangeait en « classes de fertilité ». Depuis 30 ans, ce paradigme a vécu. On sait que l’invariance n’existe pas en écologie et que les écosystèmes suivent de manière dynamique des trajectoires sous l’effet de « driving forces » externes et internes dans lesquelles les effets anthropiques (pollution atmosphérique, changement climatique) ont une part importante. Le problème du dépérissement des forêts en Europe attribué « aux pluies acides », dans les années 1980, au moins dans certaines régions forestières, a été le premier signal d’un changement. Les premiers résultats ont largement montré qu’un dysfonctionnement du sol était responsable du dépérissement. C’est à cette période qu’a émergé la prise de conscience de la nécessité d’une compréhension accrue des mécanismes en jeux, notamment à travers les cycles biogéochimiques. Parallèlement la mise en place de réseaux d’observations, structurés, concertés, combinant des sites fortement instrumentés et des systèmes d’observations plus légers, s’est imposée comme une évidence. Dans le contexte actuel du changement climatique, ces réseaux d’observation ont une pertinence accrue. Enfin, les augmentations importantes de productivité constatées dans les années 90, ont pu être mises en relation avec l‘augmentation des dépôts atmosphériques notamment azotés. Notre confrère, Maurice Bonneau, qui nous a récemment quittés, et à qui cette séance est dédiée, a joué en France un rôle majeur dans la conception et la mise en œuvre de ces nouvelles approches scientifiques du fonctionnement des écosystèmes forestiers. Elles seront illustrées par trois exemples.

Exposé(s)
Les stations forestières : historique et actualité du concept ; pertinence pour les aménagement durables
Jean-Luc Dupouey, Directeur de Recherche INRA Nancy UMR Écologie et Écophysiologie Forestières
Les leçons des dépérissements forestiers des années 80 - la surveillance des écosystèmes et les problèmes d'acidification des sols.
Guy Landmann, Directeur adjoint du GIP Ecofor, Paris
Fertilité des sols forestiers - intérêt de la Fertilisation et des Amendements dans la foresterie moderne ?
Arnaud Legout, CR INRA Biogéochimie des Écosystèmes Forestiers, 54280 Champenoux