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Les enjeux du carbone : la filière "forêt-bois" peut-elle faire mieux pour le climat ?

29/01/2020 à 14h30
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Les forêts jouent un rôle important dans le déterminisme de la concentration en CO2 atmosphérique. Elles se caractérisent à la fois par des stocks de Carbone  élevés et des flux d’échanges avec l’atmosphère importants.
En France, les données collectées par l’IGN  pour la période 2008-2012 fournissent une estimation moyenne du stock de carbone (C) de la biomasse totale des arbres de 75 tonnes/ha. Les évaluations indiquaient un stock additionnel moyen de 79 tonnes/ha de carbone dans les sols forestiers . En raison de leur expansion en surface, et du fait que la récolte de bois est très inférieure à la production biologique, les forêts françaises constituent un important puits de carbone. Pour la période 1981 - 2010, ce puits net est évalué à 51 millions de tonnes de CO2 par an sur la base de la biomasse des arbres.  En 2010, les émissions annuelles totales de CO2 françaises, hors secteur des terres et forêts, étaient estimées à 379 millions de tonnes de CO2, cependant que les émissions totales de l’ensemble des gaz à effet de serre, tous secteurs inclus, étaient évaluées à 499 millions de tonnes « équivalent CO2 » .
Les stocks et les flux de carbone en forêt sont sous la dépendance de très nombreux facteurs : concentration atmosphérique en CO2, climat (dont les risques liés aux événements extrêmes), bio-agressions, propriétés du sol, sylviculture, etc. La prévision de leur évolution, et leur pilotage sont très complexes. S’il semble possible de stocker davantage de carbone dans les forêts (biomasse, sols), les méthodes pour y parvenir, densification et vieillissement des peuplements par exemple, comportent le risque d’augmenter leur sensibilité à la sécheresse, aux ravageurs, aux incendies. Par ailleurs, le carbone peut être stocké pour des durées variables hors forêt dans de nombreux produits en bois (charpentes, parquets, mobilier …).
L’important potentiel de réduction des émissions de CO2 par la substitution de produits à base de bois à des matériaux dont la fabrication émet beaucoup de carbone (béton, acier, etc.) est loin d’être complètement exploité. L’emploi comme source d’énergie de bois produit par des forêts gérées durablement, considéré comme neutre du point de vue du carbone, progresse lentement.
Enfin, les modes de comptabilité utilisés aux niveaux national et international, Union européenne et Nations Unies  notamment, qui sont très différents pour les forêts et le secteur de l’industrie, constituent un obstacle à la prise en compte intégrée de la production et de l’utilisation du bois qui serait nécessaire. 
Cette séance vise à faire le point sur les résultats de recherche les plus récents dans ce domaine et sur les principales orientations des politiques d’atténuation du réchauffement climatique touchant aux forêts tempérées, aux niveaux national et européen. Elle fait suite à celle organisée par la section 5 le 6 novembre 2019 sur le thème du « cycle du carbone », abordé à l’échelle planétaire.

Exposé(s)
Stockage de carbone en forêt tempérée : processus et bilans.
Bernard LONGDOZ, Professeur de Biophysique de l’environnement, Université de Liège (Gembloux Agro-Bio Tech)
Substitution du bois à d’autres matériaux et sources d’énergie
Jérôme MOUSSET, Chef du service Forêt, alimentation et bioéconomie à l’ADEME.
La forêt et le bois et les politiques visant à l’atténuation du changement climatique (en France et en Europe)
Ophélie RISLER, Cheffe du département Lutte contre l’effet de serre, Ministère de la Transition écologique et solidaire
Synthèse de la séance