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Les océans : Eldorado pour la biotechnologie ?

12/12/2018 à 14h30

En ce début du XXIème siècle, les problèmes reliés aux besoins grandissants d’une population humaine croissante posent des défis immenses. Ces défis concernent quatre domaines interconnectés: la couverture des besoins alimentaires, la recherche de nouvelles ressources pour satisfaire ces besoins, l’optimisation de modèles de production renouvelable, le respect de l’environnement et enfin, la rentabilité économique des filières exploitées. Actuellement, les ressources naturelles connues, ainsi que les modèles de production et de consommation, sur lesquels reposent nos sociétés, sont considérés comme étant insuffisants, compte tenu des besoins futurs d’une population mondiale estimée à 10 milliards d’habitants à l’horizon 2050. Cette problématique n’est pas limitée aux filières alimentaires, sachant que les besoins futurs couvriront également les domaines industriels, la pharmacologie, la médecine, et les énergies renouvelables. Parmi les diverses solutions envisagées, la biodiversité des organismes terrestres  apporte l’espoir, réel ou illusoire,  de disposer de nouvelles ressources, ou de nouveaux modèles économiquement viables. Dans ce contexte, les océans constituent un immense réservoir surexploité au niveau des pêcheries, mais sous-représenté en termes de biotechnologie.  Au niveau alimentaire, les ressources marines, pêcheries et aquaculture réunies, devraient se développer au-delà des 16% de la consommation humaine mondiale en protéines animales (FAO, 2014). Dans le domaine des biotechnologies, la question se pose aussi de savoir si les océans peuvent constituer un réel Eldorado. La question subsidiaire étant de connaître la place occupée par la France dans l’essor  et l’exploitation de ce nouveau domaine.   
Au-delà des perspectives de l’aquaculture marine, orientée vers l’utilisation et la transformation des ressources marines dans le cadre des multiples contraintes environnementales, technologiques et économiques, le but de cette séance est de souligner, par trois exemples, l’intérêt de la biodiversité marine. Cette biodiversité, en élargissant l’accès à  de nouveaux  modèles vivants, cellulaires ou moléculaires, a dans le passé permis des avancés remarquables dans plusieurs domaines des connaissances scientifiques et leurs applications en biotechnologie (Ex. neurophysiologie de l’axone géant du  calmar : Loligo vulgaris, production de GFP découverte chez la méduse : Aequorea victoria).  Le but  de cette séance est d’apporter un éclairage particulier sur « l’état de l’art » de la recherche et développement biotechnologique en France, dans les domaines industriel, pharmacologique et médical, ou des biocarburants, à partir de plusieurs modèles marins.

Introduction
Exposé(s)
Bactéries marines extrêmophiles: modèles enzymatiques spécifiques et applications industrielles
Prof. Mohamed JEBBAR , Université de Brest, CNRS, IFREMER, IUEM, LM2E, F-29280 Plouzané
Microalgues: sources de futurs biocarburants ?
Prof. Gilles PELTIER, Laboratoire de Bioénergétique et Biotechnologie des Bactéries et Microalgues et Institut de Biosciences et Biotechnologies, Aix Marseille UMR 7265 CEA - CNRS - Aix Marseille Université, CEA Cadarache 13108 Saint-Paul-lez-Durance
Invertébrés marins : de la recherche fondamentale aux applications thérapeutiques
Dr. Laurent MEIJER , ManRos Therapeutics (‘from Sea to Pharmacy’) Hôtel de Recherche, Centre de Perharidy, 29680 ROSCOFF