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Décés de Louis OLLIVIER (section 3) le 22 juillet 2020

Louis Ollivier est né en 1934, dans le Pays du Léon (département du Finistère). Il est décédé, paisiblement, le 22 juillet 2020. Diplômé de l'Institut National Agronomique de Paris, il a complété sa formation en génétique en 1957 par un master à l'Iowa State University, où il a pu bénéficier de l'enseignement de pionniers de la génétique quantitative, dont J.L. Lush. Il a ensuite rejoint l'INRA où il a été, auprès de Paul Auriol, puis de Jacques Poly, un des membres fondateurs du département de génétique animale.

Louis Ollivier a joué un rôle majeur, avec ses collègues Maurice Molénat, Christian Legault et Pierre Sellier, dans la montée en puissance dans les années 1960-1970 des travaux sur la génétique porcine à l'INRA et dans la mise en place des programmes de sélection du porc en France. Il a rapidement acquis une renommée internationale par ses travaux finalisés sur le déterminisme génétique et la sélection des caractères d'intérêt et ceux, plus théoriques, sur l'optimisation des programmes de sélection. Très bon théoricien de la génétique, Louis Ollivier a également publié en 1981 "Eléments de génétique quantitative", qui demeure un ouvrage de référence sur le sujet.

Les travaux de Louis Ollivier étaient très appréciés en Europe et également aux États-Unis, en particulier par les généticiens spécialistes du porc. Suite à ses études en Iowa, il est toujours resté en contact avec la communauté américaine, celle des scientifiques comme celle des éleveurs.

Au début des années 1980, Louis Ollivier a pris la direction de la Station de Génétique Quantitative et Appliquée de l'INRA, fonction qu'il a occupée pendant près de 10 ans. De 1991 à 1996, il a été rédacteur en chef de la revue « Genetics, Selection, Evolution ». Il a continué à avoir une activité de recherche de premier plan jusqu'au milieu des années 2000. Il a été porteur de plusieurs projets européens de grande ampleur, il a joué un rôle important dans le développement des travaux sur la cartographie génétique du porc et la caractérisation de la diversité génétique des populations porcines.

La longue liste de publications de Louis Ollivier, toujours préparées avec un haut degré de rigueur et de minutie, ses distinctions (dont le Leroy fellowhip award en 1993) et ses nombreuses conférences invitées à travers le monde sont les meilleurs indicateurs de l'influence de Louis Ollivier dans le domaine de la génétique et de sa reconnaissance internationale. Il a notamment donné la conférence d'ouverture de la conférence J.L. Lush visions qui s'est tenue à Ames, Iowa, en 2008, et a été l’animateur de la conférence A.B. Chapman à l'Université du Wisconsin-Madison en 1999.

Au sein de notre Académie, où il fut élu comme membre titulaire en 2003 dans la section Productions Animales, Louis Ollivier conjugua des contributions sur l'élevage et la sélection des porcs, et des interventions sur la génétique théorique et les statistiques appliquées. Il rédigea, pour l'action collective " Potentiel de la science pour une agriculture durable" (PSAD), un chapitre sur les méthodes génétiques et mathématiques appliquées à l'amélioration des espèces d'intérêt zootechnique, démontrant toute leur actualité en parallèle avec les méthodes émergentes de génomique et de modification directe des génomes. Extrêmement exigeant sur la rigueur des interprétations statistiques, il combattit sans relâche les conclusions abusives, ce qui lui valut des passes d'armes avec maints journalistes. Il ne renonça jamais à tenter de faire prévaloir l'exactitude scientifique sur la mauvaise foi, tout en adoptant une attitude élégante et courtoise, la marque de sa personnalité.

Louis Ollivier a guidé et influencé de nombreux généticiens de l'INRA, qui gardent de lui l'image d'un scientifique à la rigueur et l'intégrité exemplaires, d'un collègue attentionné, d'une grande culture générale. Il a également enseigné le tennis à plusieurs collègues de l’INRA car il excellait dans ce sport qui était son loisir de prédilection. Au-delà de l’INRA, en France comme à l’étranger, il a développé des relations chaleureuses avec ses collègues, car il était une personne affable et joyeuse.


Jean-Pierre BIDANEL (INRAE) et Daniel GIANOLA, Jeanne GROSCLAUDE, Etienne VERRIER (AAF)

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