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03.01.Q04 : L'élevage bio: passé, présent et futur ?

Résumé :

     Malgré le soutien actif de l'État et de l'Europe (ce qui explique la dynamique passée) et la volonté d'une partie des consommateurs, l'élevage bio paraît être à la croisée des chemins. En effet, s'il correspond bien à la demande des consommateurs pour sa production dans des structures familiales – où coexistent élevage et agriculture, respectueuses de l'environnement, de la biodiversité et des animaux – seule une fraction de ceux-ci peut acheter les produits bio, qui sont nécessairement plus chers.
    Pour les consommateurs soucieux d'authenticité, les produits bio sont aussi activement concurrencés par ceux des filières qualité spécifiques (AOC, Labels, filières qualité de la grande distribution). Aujourd’hui, dans un contexte de forte inflation des produits alimentaires et de progression limitée des revenus, la filière bio doit surmonter l’effet de ciseau lié au déséquilibre entre l’offre et la demande. À moyen terme, une fraction accrue des consommateurs bio pourrait aussi être séduite par les substituts végétaux de lait ou viande. À plus long terme, la viande in vitro, garante de l'absence de souffrance animale selon ses promoteurs, pourrait également représenter une menace pour la viande bio !
     On serait alors tenté de conclure que l'âge d'or du bio est passé. C'est sans compter sur la volonté continuellement affichée par les États et l'Europe de promouvoir – via des outils financiers comme les aides dédiées et les paiements pour services environnementaux – ce type d'agriculture, perçue comme plus respectueuse de l’environnement et de la biodiversité.

Abstract :

     Despite active support from the State and Europe (which explains past momentum) and the willingness of some consumers to buy, organic livestock farming appears to be at a crossroads. While it aligns with consumer demand for products from family-run farms—where livestock and crop farming coexist in a manner respectful of the environment, biodiversity, and animal welfare—only a fraction of consumers can afford organic products, which are inevitably more expensive.
     For consumers who value authenticity, organic products also face stiff competition from goods produced under specific quality schemes (such as AOC designations, official quality labels, and supermarket-led quality programs). Today, amidst high food inflation and sluggish income growth, the organic sector must overcome a "scissors effect" caused by the imbalance between supply and demand. In the medium term, a growing number of organic consumers might also be drawn to plant-based milk or meat substitutes. In the longer term, lab-grown meat—touted by its proponents as free from animal suffering—could also pose a threat to organic meat!
     One might be tempted to conclude that the golden age of organic farming has passed. Yet, this overlooks the steadfast commitment shown by national governments and the European Union to promoting this type of agriculture—viewed as more respectful of the environment and biodiversity—through financial mechanisms such as dedicated subsidies and payments for environmental services.

Fiche téléchargeable au format PDF, ci-dessous :

PDF icon elevage_bio.pdf