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Carbone, terres, eau et transition agricole durable - Quelles options et quelles visions, du Nord au Sud ?

18/11/2020 à 14h30

Dès son 5e rapport (2014), le GIEC a souligné l’importance « unique » du « secteur des terres » (l’agriculture, la forêt, l’utilisation des terres et ses changements). Cette importance tient à la fois à sa fonction alimentaire et socio-culturelle, à sa vulnérabilité climatique et à sa capacité originale et déterminante à combattre la dérive climatique en agissant sur le cycle du carbone.

Les agricultures du futur vont donc devoir en même temps i) assurer la sécurité alimentaire d’une population mondiale toujours fortement croissante tout en préservant les ressources naturelles et l’environnement, ii) s’adapter au changement climatique, iii) apporter leur pleine contribution à l’effort d’atténuation et à l’économie verte de l’après-pétrole, y compris par un développement à bonne échelle de cultures  à même de séquestrer davantage de carbone et de produire davantage de biomatériaux et de bioénergies.

La question posée est, par suite, celle des options à promouvoir en termes d’utilisation des ressources et de systèmes de production ainsi que de leviers à mobiliser pour réussir les transitions. Les rapports du GIEC ont notamment souligné le besoin d’une autre utilisation des terres et de l’eau et l’intérêt des « systèmes agricoles intégrés durables » tels que les agricultures de conservation régénératives des sols et l’agroforesterie. L’accent a aussi été porté sur l’importance de la finance carbone.

Les situations, options et leviers à mettre en place différent cependant d’une grande région à l’autre en fonction des vulnérabilités respectives ; des besoins de développement, et d’adaptation ; des disponibilités en ressources naturelles et des capacités de production bioéconomique et d’atténuation dans de bonne conditions environnementales. La question des futurs possibles et de l’action à conduire en Afrique mérite une attention particulière, ce qui a conduit à l’adoption de l’initiative AAA (adaptation de l’agriculture africaine) lors de la COP 22 tenue à Marrakech en 2016. L’objectif de la neutralité carbone (zéro émissions nettes de GES) à l’horizon 2050, aujourd’hui affiché au niveau international ou encore européen, comme les défis de l’adaptation et de la durabilité, impose aussi de questionner les futurs agricoles possibles de toutes les régions du monde.

Dans ce contexte, l’objectif de cette session internationale consistera à proposer et mettre en débat un certain nombre de regards croisés portant sur le carbone, l’eau, les terres et les futurs possibles de l’agriculture dans différents contextes géographiques, ainsi que les principales conditions du passage à l’action, notamment au niveau des politiques.

The 5th IPCC report (2014) stressed the "unique" importance of the "land sector" (agriculture, forestry, land use and its changes). This importance stems from its food and socio-cultural functions, its climate vulnerability and its original and decisive capacity to combat climate drift by acting on the carbon cycle.

The agriculture of the future will therefore have to simultaneously (i) ensure food security for an ever-growing world population while preserving natural resources and the environment, (ii) adapt to climate change, (iii) make their full contribution to the mitigation effort and to the post-oil green economy, including through the large-scale development of crops capable of sequestering more carbon and producing more biomaterials and bioenergy.

This raises the question of the options to be promoted in terms of resource use and agricultural production systems, as well as the levers to be mobilized for successful transitions. The IPCC reports have notably underlined the need for alternative land and water use and the value of "sustainable integrated agricultural systems" such as regenerative conservation agriculture and agroforestry. The importance of carbon finance was also emphasized.

However, the situations, options and levers to be put in place differ from one large region to another according to the respective vulnerabilities, development and adaptation needs, natural resource availability and bio-economic production and mitigation capacities in good environmental conditions. The issue of possible futures and action in Africa deserves special attention, which led to the adoption of the AAA (Adaptation of African Agriculture) initiative at COP 22 in Marrakech in 2016. The objective of carbon neutrality (zero net GHG emissions) by 2050, which is currently being pursued at the international and European levels, as well as the challenge of adaptation and sustainability, also requires  to question the possible agricultural futures of all regions of the world.

In this context, the objective of this international session will be to propose and debate a number of cross-cutting views on carbon, water, land and the possible futures of agriculture in different geographical contexts, as well as the main conditions for taking action, particularly at the policy level.

Introduction
Exposé(s)
Regards sur le Sud : une perspective pour l’Afrique - The South : an African Perspective
Rattan LAL, directeur du Carbon Management and Sequestration Center (Université de l’Ohio, USA), keynote speaker du Conseil scientifique , et Mohamed AÏT KADI, membre associé (Maroc), président du Conseil scientifique de l’initiative AAA, ex président du comité technique du Partenariat mondial pour l’eau
Regard sur les régions septentrionales : une perspective canadienne/québécoise - The North : A Canadian/Quebec Perspective
Denis ANGERS
Que retenir de notre expérience en Suisse romande ? What can we learn from our experience in Switzerland ?
Pascal BOIVIN, Professeur HEPIA Genève (Suisse)
Conclusion