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Chaptal et l’agriculture

15/12/2021 à 14h30
Séance AEHA/AAF

Consacrer une séance à l’œuvre de J. A. Chaptal est une gageure tant son activité fut diverse dans la chimie, l’industrie, l’administration, et circonscrire son impulsion à la seule agriculture, c’est oublier les talents divers qu’il mit au service du pays et qui lui fit écrire en 1800 : « Jusqu’ici les Français n’ont tenu que le second rang parmi les peuples manufacturiers de l’Europe. Cependant notre position géographique, nos richesses territoriales, notre caractère national paraissaient nous avoir destinés pour occuper la première : par quelle fatalité ne sommes nous pas à la place que la nature nous a marqué ? ». Andrée Corvol (présidente de l’AEHA et membre de la section 2) .
Pour l’agriculture, ce souci de progrès a toujours guidé son action combinée de chercheur, d’administrateur et de politique. Chaptal a toujours eu cette prédilection pour l’agriculture qui dépendait du ministère de l’intérieur, ministère qu’il dirigea de 1801 à 1804. La révolution ayant rendu les paysans propriétaires, il demanda pour eux la réduction des impôts, l’amélioration du service vicinal, l’établissement du cadastre, l’assèchement des marais par les émigrants hollandais. Il contribua à l’amélioration des races en faisant venir des bovins suisses, des buffles et des moutons mérinos espagnols. Il réorganisa le corps de Eaux et Forêts, créa six haras et deux écoles vétérinaires [ ] et essaya de mettre en place un service des statistiques. Laurent Brassart (Université de Lille) dressera un panorama des multiples facettes de ce personnage hors normes.
À la fin du XVIIIe siècle, avec Lavoisier, Fourcroy et Berthollet Chaptal écrivent les plus belles pages de la chimie moderne, avec une rigueur scientifique qui l’éloigne définitivement de l’alchimie. C’est l’intégration de la chimie dans les sciences exactes, aux côtés de la physique et des mathématiques [ ]. Mais Chaptal garde à l’esprit que la chimie doit servir l’industrie depuis la teinture du coton jusqu’à la production de sucre. Cet apport fera l’objet du l’exposé de G. Bourrié (Section 5)
Confronté au blocus maritime anglais, Chaptal s’attèle à trouver d’autres sources de sucres. Ses travaux concernant la production de sucre seront multiples d’abord à partir de raisins puis à partir de 1807 alors que le prix du sucre de canne devient prohibitif en France, il concentre son attention sur la betterave.
J.P. Decor (Directeur général de l’Institut des sciences du vivant à Lyon et membre de la Section 9) nous dressera un panorama des péripéties de cette recherche.
Enfin nous rendrons hommage à la vision de J.A Chaptal sur le role de la vigne dans le commerce extérieur de la France en rappelant l’impulsion apportée dans la création des collections de vignes et la nécessaire connaissance des variétés pour une production de qualité. Ce volet « Vignes et cépages et ampélographie » sera abordé par Jean Michel Boursiquot de Montpellier Supagro, Professeur en Ampélographie.

Introduction
Andrée CORVOL-DESSERT
Présidente de l'AEHA
Exposé(s)
Chaptal et l’agriculture .
Laurent BRASSART, Université de Lille
Chaptal et la chimie agricole
Guilhem BOURRIÉ
Chaptal et le sucre
Jean-Pierre DÉCOR
Vignes, cépages et ampélographie
Jean Michel BOURSIQUOT, Ex Montpellier Supagro - INRAE , Professeur en Ampélographie
La collection de cépages de la pépinière du Luxembourg, ex pépinière des Chartreux, les travaux de Redouté
André FOUGEROUX