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JESSENNE Jean-Pierre

04.01.Q06 : Quels mots pour parler des territoires ruraux ?

Résumé :

     Il est tentant de ramener les différenciations et les politiques territoriales à des mots et à des oppositions simples, comme rural et urbain, ou plus récemment comme métropole et périphérie, le tout dans un pays dit jacobin. La dérive guette d'autant plus que le goût des simplifications rencontre les protestations qui provoquent les antagonismes. Pourtant, les travaux récents sur les territoires invitent à bannir ces catégories binaires. Tout en continuant d'utiliser des critères variables, ils ont montré d'abord l'importance des territoires mixtes, puis la multiplicité des dynamiques territoriales.
     La notion d'archipel rural, voire territorial, est certainement l'une des plus pertinentes pour intégrer la ruralité sans l'isoler, ni la diluer complètement. Des catégories d’analyses renouvelées et des cartes, mettant l’accent sur la combinaison des territoires et des critères d’évolution, montrent la multiplicité des figures des transformations rurales.

Abstract :

     It is tempting to reduce territorial distinctions and policies to simple terms and oppositions—such as rural versus urban, or more recently, metropolis versus periphery—all within the context of a country described as "Jacobin." This tendency is all the more likely to arise when a predilection for simplification meets the protests that fuel such antagonisms. Yet, recent research on territories urges us to move beyond these binary categories. While still employing variable criteria, this work has highlighted the significance of "mixed" territories and the multiplicity of territorial dynamics.
     The concept of a rural—or even territorial—archipelago is arguably one of the most relevant for integrating rurality without isolating it or completely diluting its identity. Renewed analytical categories and maps, which emphasize the interplay of territories and evolving criteria, reveal the diverse forms that rural transformations take.

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04.02.Q05 : Communes et municipalités villageoises : pérennité ou obsolescence ?

Résumé :

    La commune villageoise, la municipalité et peut-être plus encore le maire sont profondément ancrés dans la construction territoriale et l'univers politique français, depuis la Révolution française. L'évolution vers de nouvelles structures, pour tardive qu'elle soit, n'en semble pas moins en cours, avec l'intercommunalité. La première condition de réussite est le consentement des intéressés et donc le rejet des formules qui paraissent induire la domination du village par des autorités extérieures, en particulier urbaines. En ce domaine, l'insertion rurale dans des réseaux plus vastes coexiste avec l'attachement à certaines singularités. On comprend le badge de l'Association des Maires Ruraux de France : "Ma commune est utile !".

Abstract :

     The village commune, the municipality, and—perhaps even more so—the mayor have been deeply rooted in the French political landscape and territorial structure since the French Revolution. Although the shift toward new structures—specifically inter-municipal cooperation—may have been slow to arrive, it is nonetheless underway. The primary condition for success is the consent of those involved, and thus the rejection of arrangements that appear to entail the village's domination by external—particularly urban—authorities. In this context, the integration of rural areas into broader networks coexists with an attachment to certain distinctive local characteristics. The slogan of the Association of Rural Mayors of France—"My commune is useful!"—is therefore entirely understandable.

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11.01.Q04 : Nicolas-Louis François de Neufchâteau

     François de Neufchâteau a conjugué à merveille les caractères de l'époque de transition qu'il a traversée. Né sous l'Ancien Régime dans une famille de petite bourgeoisie, il connaît une première promotion par les protections, mais aussi par ses compétences juridiques ou administratives, et une certaine notoriété littéraire. Après un relatif retrait de 1789 à 1795, il devient un notable de premier plan grâce aux fonctions nationales et au service de l'État post-révolutionnaire.
     Sa conjugaison d'une large culture et de l'action au service du progrès collectif est aussi exemplaire : homme des Lumières, il a pris le goût pour l'écriture et tous les domaines scientifiques, dont l'agronomie. L'échange intellectuel, la conjonction des savoirs et de l'initiative publique sont les fondements de son constant engagement pour le bien commun. La Société d'Agriculture, qu'il a contribué à recréer, devient au fil des années un théâtre majeur de la création de cet espace public de discussion et d'expérimentation.

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