Ce qu'il faut retenir :
La France pourrait accéder rapidement à l'autonomie complète en tourteau de soja.
Pour concrétiser et sécuriser cette autonomie, il faudrait mobiliser environ deux millions d'hectares de légumineuses supplémentaires, dont un million avec des prairies riches en trèfles et luzerne, et un autre million de cultures à graines (soja en priorité, mais aussi des protéagineux pouvant être associés à des céréales pour une utilisation en ensilage ou en grains).
Le plan protéines figure en bonne place dans le plan de relance français pour permettre les investissements nécessaires au développement de la filière légumineuses, mais il faut aussi prévoir un soutien suffisant à ces cultures pour compenser le risque pour les agriculteurs du passage d'une culture bien maîtrisée – blé ou maïs-fourrage – à une culture plus aléatoire, soit au moins 200 €/hectare de légumineuses fourragères ou à graine, en culture pure ou en association.
Cette aide de la PAC est pleinement justifiée en regard des biens publics associés à ces légumineuses. Ainsi, en plus de notre autonomie en soja, on pourrait réduire fortement la quantité de gaz à effet de serre, sachant qu'un hectare de légumineuses (fourragères ou à graines en substitution du maïs ensilage ou des céréales) permet une réduction de l'ordre de 2 tonnes de CO2. Sans oublier les autres bénéfices environnementaux associés en France.
Abstract :
France could quickly achieve complete self-sufficiency in soybean meal.
To realize and secure this self-sufficiency, approximately two million additional hectares of legumes would need to be cultivated, including one million hectares of pastures rich in clover and alfalfa, and another million hectares of grain crops (primarily soybeans, but also protein crops that can be intercropped with cereals for silage or grain production). The protein plan features prominently in the French recovery plan to enable the investments necessary for developing the legume sector, but sufficient support for these crops must also be provided to compensate farmers for the risk of transitioning from a well-controlled crop – wheat or forage maize – to a more unpredictable one. This would mean at least €200 per hectare for forage or grain legumes, grown alone or in mixtures.
This CAP support is fully justified given the public goods associated with these legumes. Thus, in addition to achieving self-sufficiency in soybeans, we could significantly reduce greenhouse gas emissions, given that one hectare of legumes (forage or grain crops as a substitute for silage corn or cereals) allows for a reduction of approximately 2 tonnes of CO2. Not to mention the other associated environmental benefits in France.